Le pasteur Jacques Maury est décédé hier jour de la Résurrection – Réforme, le 13 Avril

 

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@Albert Huber

Jacques Maury a marqué des générations de pasteurs. S’il a multiplié les responsabilités et les engagements, il le faisait au nom du Christ, seul Seigneur.

Le pasteur Jacques Maury fut un de ces grands pasteurs sur lesquels se posent et se reposent les générations qui suivent. Il faisait partie de la seconde génération des Barthiens, avec André Dumas, Jean Bosc, Michel Leplay, Françoise Florentin-Smyth et beaucoup d’autres, c’est-à-dire de ces protestants convaincus que le rôle de l’Église était politique au sens noble du terme. Une Église en prise avec le monde.

“Jacques Maury a baigné depuis son jeune âge dans le barthisme. Son père, Pierre Maury, était un grand théologien. Il avait très bien connu Karl Barth, était entré en dialogue avec lui. Avec les jeunes étudiants de la Fédé, dont André Philip, ils vont avoir une grande influence sur la façon de concevoir l’Église, influence qui marquera Jacques” explique Olivier Abel. Le philosophe décrit les deux grands vagues barthiennes. Dans les années 20, des protestants découvrent la relecture de Karl Barth de l’épître aux Romains. Pour Barth, il s’agit de repenser l’altérité de Dieu. Dieu est le Tout-Autre. Pourtant, cet ancrage théologique, fondé sur les deux règnes, celui de Dieu, celui des humains, ne conduit pas au retrait, à l’indifférence, au repli. Au contraire.

Résister à Hitler

S’appuyant sur cette foi inébranlable de la Seigneurie totale du Christ, Barth va s’opposer à Hitler et entrer en résistance. Parce que le nazisme est la résurgence d’une religion païenne, qui veut faire d’Hitler ou de l’Aryen ‘un dieu’, Barth va se battre. Derrière lui, dès 1933, la Fédé internationale, à l’échelle européenne, se mobilise. Pierre Maury est de ceux-là. Il va se faire le défenseur d’un calvinisme engagé dans la Cité. Puisque la Seigneurie de Christ est totale, elle est donc aussi politique.

Jacques Maury est l’héritier de cette conviction essentielle. Mais à sa façon. Il n’était pas un théologien comme son père mais bien davantage un homme de l’Institution, au sens noble du terme. ” Il avait une haute idée des instituions qu’elles soient politiques ou ecclésiales, poursuit Olivier Abel. Il expliquait, comme Ellul;, combien il fallait désabsolutiser tous les pouvoirs qu’ils soient économiques ou politiques, puisque seul le règne du Christ est absolu. Mais l’autre face de cette conviction est tout aussi essentielle. C’est celle de l’engagement dans ce monde que Dieu nous a confié, celle de la responsabilité.”

De l’Église réformée à la FPF et au COE

Cet engagement, Jacques Maury l’a décliné toute sa vie. Jeune, il fut équipier de la Cimade au camp de Rivesaltes. Au sortir de la guerre, devenu pasteur au sein de l’Église réformée, il marquera les esprits, par exemple à Lezay, où il débute son ministère. Il multipliera les responsabilités : à la tête du conseil national de l’Église réformée, de la Fédération protestante de France, de la Cimade, du Conseil œcuménique des Églises. Partout il laissera une empreinte.

Ce grand homme, aux deux sens du terme, gardera jusqu’au bout une très grande proximité et disponibilité. Il trouvait les mots pour soutenir et encourager. La directrice de Réforme que je suis lui en est éternellement reconnaissante. A Dieu, Jacques.

Nathalie Leenhardt

Le pasteur Jacques Maury est décédé hier jour de la Résurrection

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